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FAQ - Les fonds
Monsieur Mineault, pourquoi ne choisissez-vous pas un fonds, à moins qu’il ait au moins 3 ans de vécu?
  1. Parce que je veux connaître le comportement en termes de rendements et de risques de mes fonds avant de les acheter. Cela prend au moins 3 ans de vécu pour avoir des valeurs significatives pour des mesures importantes comme celles du Sharpe, Treynor, écarts-types, bêta, alpha, corrélation, etc. Je veux que le fonds ait eu la chance de faire ses preuves.
  2. Il pourrait arriver qu’une organisation change le nom d’un fonds qui a une performance «très poche» au moment d’une reprise boursière pour faire croire que son historique va bien. C'est manquer d’honnêteté et d’intégrité, car on n’a plus à vous montrer son rendement «poche» passé. Je considère que j’ai moins de chances de me faire flouer en choisissant des fonds qui existent depuis au moins 3 ans. Devrions-nous passer une loi pour interdire ce genre d’actions.
  3. Il pourrait arriver qu’une organisation fusionne des fonds poches pour donner l’impression qu’avec un nouveau départ, tout va aller mieux. Dans ce cas, c'est manquer d’intégrité et d’honnêteté. Je considère que j'ai moins de chances de me faire flouer en choisissant parmi des fonds ou des portefeuilles de fonds qui existent depuis au moins 3 ans.
Est-ce que les fonds à gros rendements passés ont tendance à être très à risque (volatils)?

OUI, mais il faut être prudent, car il y a des fonds à faibles rendements qui sont plus à risque que certains fonds à forts rendements. Il ne faut pas généraliser, mais plutôt évaluer chaque fonds individuellement.

Est-ce que si les fonds d’actions canadiennes (ou américaines ou européennes ou asiatiques) sont pareils en termes de rendements et de risques, d’une famille de fonds à l’autre ou d’une organisation à l’autre?

Bien sûr que non. Ce n'est pas parce qu’ils sont tous des fonds d’actions canadiennes que cela veut dire qu’ils ont tous des performances d’investissements égaux. (Est-ce que tous les hommes chauves sont pareils et égaux) ? Il peut y avoir des différences importantes dans leurs pondérations par sous-secteur ou à l’intérieur d’un même sous-secteur. Un fonds pourrait n’avoir que des titres performants et un autre que des titres «poches». La façon de choisir les titres, le «timing» des achats et ventes des titres à l’intérieur d’un fonds, etc., aura un impact sur le rendement et le risque d’un fonds. Moi, je juge les mérites d’un fonds en fonction de mes 3 critères de base.

Est-ce que 2 fonds surpondérés en matériaux disons, avec des répartitions en pourcentage par sous-secteurs très similaires pourraient avoir des rendements et des risques très différents?

Bien sûr que oui. Un des fonds pourrait avoir des titres en matériaux qui performent super bien et l’autre, des titres en matériaux qui pochent vraiment. Même si ce sont 2 fonds surpondérés en matériaux, on aurait des différences importantes en termes de risques et de rendements. Je tiens compte de ces différences de rendements et de risques lorsque je bâtis un portefeuille de fonds. Je n’aime pas bâtir un portefeuille de fonds en tenant compte uniquement de sa classification, sans regarder le risque ou le rendement. Autrement, il est trop facile de passer à côté d’un profil d’investisseur qui doit tenir compte des rendements et des risques.

Est-ce que tous les fonds ou portefeuilles de fonds ont les mêmes pondérations par sous-secteur que leurs indices de référence?

Bien sûr que non. Et il faut en tenir compte lorsqu’on évalue la performance d’investissement d’un portefeuille.

Est-ce que tous les fonds équilibrés sont égaux en termes de rendements et de risques?

Bien sûr que non. Deux fonds équilibrés pourraient avoir des compositions très différentes. Un des fonds pourrait être surpondéré en santé et en consommation, tandis que l’autre le serait en matériaux et en énergie. Ils n’auront pas du tout les mêmes risques, ni les mêmes rendements. Un sera un fonds équilibré conservateur et l’autre, un fonds équilibré audacieux. Tenter de respecter des profils d’investisseur uniquement par la classification des fonds sans tenir compte des rendements et risques réels n’est pas mieux que de faire une diversification par régions géographiques. Il faut vraiment tenir compte des sous-secteurs, des rendements et des risques.

Est-ce qu'on peut se fier sur la classification d’un fonds ou sur son quartile pour évaluer son niveau de rendement ou de risque?

NON, non et non. Il y a des fonds classifiés équilibrés qui sont plus à risque que le S&P/TSX. Il y a des fonds équilibrés davantage surpondérés dans les sous-secteurs énergie, matériaux et finance que l’indice du S&P/TSX. D’ailleurs, il y a des fonds équilibrés qui sont plus à risque que certains fonds dits « sectoriels ». Il y a des fonds dans les premiers quartiles de leur classification qui sont vraiment « puiche poche ». Je vous encourage à jauger chaque fonds selon mes trois caractéristiques et d’être prudent avec les classifications.

Monsieur Mineault, aimez-vousmettre des fonds équilibrés dans un portefeuille pour faire un portefeuille équilibré?

Oui, mais seulement s’il répond à mes critères de base etc. Je vous dirais qu’il y a très très peu de fonds équilibrés qui sont à la hauteur. Certains on beaucoup trop de titre dedans pour être facilement  « adaptable » aux changements dans les contextes économique et boursiers. Je préfère même bâtir mes portefeuilles équilibrés, 50 % pour cent en fonds d’actions et 50% en fonds de revenu, en ajoutant un beau fonds de revenu à mes beaux fonds d’actions plutôt que de mettre un fonds équilibrés « puiche poche ».

Pourquoi certains fonds équilibrés ont des indices de concentration sectoriels plus élevés que certains fonds «dits» sectoriels, et avec des risques plus grands que certains fonds sectoriels?

Peut-être parce que le gestionnaire du fonds équilibré cherche un bon rendement pour son fonds. Il l’aura peut-être, mais au prix davantage de risque. N’oubliez pas qu’un fonds équilibré devrait en principe avoir une composante importante de titres à revenus. Je le répète, il y a des fonds équilibrés qui sont plus à risque que certains fonds purement d’actions. Les insérer dans un portefeuille de type conservateur peut réserver de mauvaises surprises à l’investisseur, surtout lors de marchés boursiers baissiers.

Peut-on se fier sur le nom d’un fonds pour connaître son contenu?

Pas toujours. À titre d’exemple, on a déjà vu un fonds qui se nomme «XXX valeur américaine» où l’on retrouve 95 % de contenu canadien, un autre «XXX American Blue Chip» qui était bourré de technos et de petites capitalisations ou un autre «XXX environnement» qui n’est composé que de grandes sociétés. Méfiez-vous du nom d’un fonds! Vérifiez son contenu.

Quelles différences devrait-on trouver entre un fonds équilibré croissance, un fonds équilibré modéré, un fonds équilibré valeur et un fonds équilibré revenu?

Les différences porteront sur le type de titres de compagnies que l’on va y retrouver. Dans certains fonds, on va retrouver davantage de titres de croissance, dans d’autre davantage de titres de valeur ou de revenus, etc. Mais moi, je ne me préoccupe pas de ces classifications, car elles ne veulent rien dire en termes de risques ni de rendements. À la base, j’examine toujours tous les fonds en fonction de mes trois caractéristiques, peu importe leur contenu. J’évalue en fonction de ce que veut l’investisseur : du rendement et de la protection du capital.

Est-il toujours judicieux de placer dans les fonds d’un pays lorsque sa Bourse augmente et qu’on peut anticiper de forts rendements?

Pas nécessairement! Il faut avoir un regard sur la «performance d’investissement» du fonds que l’on nous propose. Je me souviens d’un temps où la Bourse japonaise était repartie à la hausse, et le représentant d’une organisation cherchait à convaincre des conseillers de vendre son fonds japonais. Ouf! Il n’était vraiment pas beau en termes de performances d’investissement. Si je l’avais ajouté à mon portefeuille de fonds, je n’aurais fait rien d’autre que d’augmenter le risque du portefeuille, tout en diminuant mon rendement. De plus, si j’avais été un japonais au Japon à ce moment-là, j’aurais eu accès à environ 8000 fonds japonais, dont plusieurs j’en suis convaincu, étaient super beaux. Mais lorsque je regardais les fonds japonais auxquels on avait accès ici, au Canada (26 selon Paltrak à ce moment), il n’y en avait pas un seul qui était beau selon les critères soulignés au point 5 ci-haut. Avoir ajouté n'importe quels fonds japonais à mon portefeuille n’aurait que diminué mon rendement et augmenté mon risque. Faites attention à ce que disent certains représentants ou conseillers. Ils ne travaillent pas toujours dans le meilleur intérêt de l’investisseur. Je vous encourage à évaluer chaque fonds selon les critères de ce livre. Un ajout ou un remplacement de fonds doit viser d’abord et avant tout l’augmentation du rendement et la diminution du risque de votre portefeuille.

Peut-il être intéressant de placer dans le fonds d’un pays même si la Bourse diminue et si on peut s’attendre à des pertes généralisées?

OUI. Cela dépend des mérites de la performance d’investissement du fonds en question. Si le fonds se comporte selon mes trois caractéristiques, il mérite d’être regardé. Vous savez que lorsqu’une Bourse chute, il y a des titres (fonds) qui baissent plus que la Bourse, d’autres qui baissent moins que la Bourse et il y a en a d’autres qui prennent de la valeur.

Monsieur Mineault, placez-vous dans de tout nouveaux fonds récemment mis sur le marché?

Non. Comme je l’écrivais, je préfère placer dans des fonds ayant au moins 3 ans de vécu pour que je sois capable de les évaluer ou parfois d’éviter de me faire jouer des tours.

Y a-t-il des signes avant-coureurs qui permettent de prédire comment un tout nouveau fonds se comportera dans les moments à venir?

Bien sûr. Il n’y a rien de parfait, mais je peux vous mentionner 7 signes avant-coureurs différents.

Est-il possible d’avoir une idée s’il reste encore du «jus» dans un fonds?

OUI. Je vous recommande de lire le chapitre 7 à ce sujet.